Le Machu Picchu est une citadelle inca du XVe siècle perchée à 2 430 mètres d’altitude sur une crête des Andes, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Cusco. On y accède en train jusqu’au village d’Aguas Calientes, puis en bus ou à pied, ou par le célèbre Chemin de l’Inca. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, c’est le site le plus visité du Pérou : les entrées sont limitées et doivent être réservées à l’avance, surtout de mai à septembre, pendant la saison sèche.
Qu’est-ce que le Machu Picchu ?
En quechua, Machu Picchu signifie « vieille montagne » : la citadelle tient son nom du sommet qui la domine au sud. Elle occupe une crête entourée sur trois côtés par les gorges de l’Urubamba, au milieu d’une forêt tropicale de montagne souvent noyée dans les nuages.
Le site a été construit vers 1450, à l’apogée de l’Empire inca, probablement comme domaine royal de l’empereur Pachacutec. Il fut abandonné environ un siècle plus tard, à l’époque de la conquête espagnole. Les Incas n’ayant pas d’écriture, aucun document n’explique précisément sa fonction : résidence impériale, centre cérémoniel, observatoire astronomique, sans doute un peu tout cela à la fois.
Les Espagnols, installés à Cusco, ne l’ont jamais découvert : le site a ainsi échappé au pillage et à la destruction qui ont frappé tant d’autres sanctuaires incas. Envahi par la végétation, il n’était plus connu que de quelques paysans de la vallée lorsque l’explorateur américain Hiram Bingham, qui cherchait Vilcabamba, le dernier refuge des Incas, y fut conduit en 1911. Il le fit connaître au monde entier. Le Pérou en a fait un sanctuaire historique en 1981, l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial en 1983, et il a été désigné parmi les « sept nouvelles merveilles du monde » en 2007.
Que voir dans la citadelle du Machu Picchu ?
Le site se divise en un secteur agricole, formé de terrasses en gradins, et un secteur urbain, lui-même partagé entre une partie haute, consacrée aux temples, et une partie basse, avec les habitations et les entrepôts. Les murs les plus soignés sont faits de blocs taillés et ajustés sans mortier, si serrés qu’une lame de couteau ne passe pas entre eux ; d’autres, plus modestes, sont en pierres irrégulières liées à l’argile. Une grande partie du travail des Incas reste invisible : fondations profondes et systèmes de drainage, qui expliquent que la cité ait si bien résisté aux séismes et aux pluies.
- La vue « carte postale » : depuis les terrasses proches de la maison du Gardien et du rocher funéraire, sur les hauteurs du site, on embrasse toute la citadelle avec le pic du Huayna Picchu en toile de fond. Restez derrière les cordes de sécurité : les gardiens sont intransigeants.
- Le temple du Soleil : le seul édifice du site à mur arrondi, bâti sur un rocher abritant une grotte que l’on appelle la tombe royale.
- Le temple des Trois Fenêtres et le temple principal, qui bordent la place sacrée.
- L’Intihuatana : une roche taillée au sommet d’une butte, liée à l’observation du soleil et des saisons.
- La grande place, la carrière d’où proviennent une partie des pierres, et le temple du Condor, dont les rochers évoquent les ailes déployées de l’oiseau.
Prenez aussi le temps de regarder autour de vous : par temps clair, les cimes enneigées se découvrent à l’horizon, et la montagne Putucusi se dresse de l’autre côté de la vallée. Des lamas paissent en liberté sur les terrasses, à la grande joie des photographes. Une visite guidée aide beaucoup à comprendre des ruines qui, sans explication, peuvent sembler n’être que des murs de pierre.

Quelles randonnées faire au Machu Picchu ?
- Le Huayna Picchu : le pic qui domine la citadelle se gravit par un sentier inca très raide, avec des passages vertigineux, pour une vue plongeante sur le site. L’accès est limité et nécessite un billet combiné à réserver longtemps à l’avance. Voir notre article sur la randonnée du Huayna Picchu.
- La montagne Machu Picchu : plus haute et moins fréquentée, elle offre une montée longue mais moins exposée, avec la citadelle et le Huayna Picchu en contrebas.
- La porte du Soleil (Intipunku) : terminus du Chemin de l’Inca, ce col offre une première vue saisissante sur la citadelle.
- Le pont inca : un court sentier à flanc de falaise mène à un étroit passage aménagé par les Incas dans la paroi.
Comment aller au Machu Picchu ?
Aucune route ne relie Cusco au Machu Picchu. La plupart des voyageurs prennent le train, soit depuis les environs de Cusco, soit depuis Ollantaytambo, dans la Vallée sacrée, jusqu’à Aguas Calientes (aussi appelé Machu Picchu Pueblo), le village au pied du site. Il vaut la peine de rejoindre Ollantaytambo par la route pour visiter ses ruines avant de monter dans le train.
D’Aguas Calientes, deux options pour atteindre l’entrée :
- Le bus, qui gravit la montagne par une route en lacets en une demi-heure environ. Le matin, la file d’attente peut être longue.
- À pied, par un sentier en escalier très raide. Comptez une heure et demie environ ; l’effort est réel, mais les vues sont superbes.
Les randonneurs peuvent aussi arriver à pied par le Chemin de l’Inca, classiquement en quatre jours, ou en une version courte d’une journée depuis le kilomètre 104 de la voie ferrée. Ces itinéraires ne se font qu’avec un opérateur agréé et des permis en nombre limité ; le Chemin de l’Inca ferme chaque année en février pour entretien. D’autres treks (Salkantay, Lares, Choquequirao) constituent de belles alternatives : voir nos meilleurs treks vers le Machu Picchu. Pour le trajet complet depuis la capitale, lisez comment aller de Lima au Machu Picchu.

Quand visiter le Machu Picchu ?
La saison sèche, de mai à septembre, offre le ciel le plus dégagé, mais c’est aussi la période la plus fréquentée, notamment en juillet et en août. La saison des pluies s’étend en gros de novembre à mars ; les averses sont fréquentes, mais le site reste ouvert, plus vert et souvent moins encombré. Avril, mai, septembre et octobre sont de bons compromis. Il peut pleuvoir en toute saison : emportez toujours un vêtement de pluie. Notre article sur la meilleure période pour visiter le Machu Picchu détaille chaque saison.
Conseils pratiques pour la visite
- Réservez tôt : le nombre de visiteurs par jour est plafonné et les billets sont vendus par créneaux horaires, avec des circuits de visite définis. Ces règles évoluent régulièrement : vérifiez-les au moment de réserver, en même temps que le train.
- Dormez à Aguas Calientes : passer la nuit au pied du site permet de monter tôt le matin, avant l’arrivée des excursionnistes venus de Cusco dans la journée, et de profiter de la lumière matinale.
- Passeport : il est demandé à l’entrée avec le billet.
- Le musée de site Manuel Chávez Ballón, au pied de la montagne, près d’Aguas Calientes, explique la construction et l’histoire du Machu Picchu ; le site lui-même comporte très peu de panneaux.
- L’altitude : à 2 430 mètres, le Machu Picchu est plus bas que Cusco (environ 3 400 mètres). Beaucoup de voyageurs commencent d’ailleurs par la Vallée sacrée et le Machu Picchu pour s’acclimater avant de monter à Cusco.
Pour bien préparer votre séjour, consultez aussi nos idées de choses à faire au Machu Picchu, notre article sur la Vallée sacrée des Incas et notre guide de voyage au Pérou.
