Randonneuse sur les marches de pierre du Chemin de l’Inca, face aux montagnes andines

Le Chemin de l’Inca jusqu’au Machu Picchu : le guide du trek

Le Chemin de l’Inca est un trek d’environ 40 kilomètres, généralement parcouru en quatre jours, qui relie le kilomètre 82 de la voie ferrée de l’Urubamba au Machu Picchu en suivant un ancien sentier inca pavé, ponctué de sites archéologiques. Il culmine à plus de 4 200 mètres au col de Warmiwañusca et se termine par l’arrivée à la porte du Soleil, au-dessus de la citadelle. On ne peut le parcourir qu’avec un opérateur agréé et un guide, les permis sont limités et s’épuisent des mois à l’avance, et le sentier ferme chaque année en février.

C’est l’un des treks les plus célèbres au monde, et l’une des plus belles façons de découvrir le Machu Picchu. Voici comment le préparer.

Qu’est-ce que le Chemin de l’Inca ?

À l’apogée de l’empire, au XVe siècle, il n’existait pas « un » chemin de l’Inca mais un immense réseau de routes, le Qhapaq Ñan, qui reliait Cusco à toutes les provinces, de l’actuelle Colombie jusqu’au Chili et à l’Argentine. Ce réseau est aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après la conquête espagnole, une grande partie des chemins fut abandonnée ou détruite.

Ce que l’on appelle aujourd’hui le Chemin de l’Inca est le tronçon qui mène, à travers les montagnes dominant la Vallée sacrée, jusqu’au Machu Picchu. Il traverse des paysages très variés, des vallées sèches de l’Urubamba à la puna d’altitude puis à la forêt de nuages, et dessert une série de sites incas qu’on ne peut atteindre qu’à pied.

Quel est l’itinéraire du Chemin de l’Inca en quatre jours ?

Jour 1 : du kilomètre 82 à Wayllabamba

Le départ se fait au kilomètre 82, après le trajet en véhicule depuis Cusco. La première journée, d’environ six heures de marche, est la plus douce : le sentier longe l’Urubamba puis passe au-dessus du site de Llactapata, un ensemble de terrasses et d’édifices qui servait d’étape et de centre agricole. On campe aux alentours du village de Wayllabamba, vers 3 000 mètres.

Jour 2 : le col de la Femme morte

C’est l’étape la plus difficile, sans être la plus longue : une douzaine de kilomètres et environ sept heures de marche, avec une longue montée jusqu’au col de Warmiwañusca, dit « col de la Femme morte », à plus de 4 200 mètres, le point culminant du trek. La vue depuis le col est saisissante. Une descente raide mène ensuite au campement de Pacaymayo. Voir notre article consacré au col de la Femme morte.

Randonneurs gravissant le sentier du Chemin de l’Inca dans une haute vallée andine, en direction du col de Warmiwañusca

Jour 3 : la journée des ruines

La plus longue journée, environ huit heures de marche, est aussi la plus riche. Après un second col, on découvre Runkurakay, petit édifice de plan arrondi, puis Sayacmarca, perché sur un éperon rocheux. Le chemin, superbement pavé, entre ensuite dans la forêt de nuages et franchit un troisième col près de Phuyupatamarca, d’où l’on aperçoit par temps clair des sommets enneigés. La journée se termine à Wiñay Wayna, l’un des plus beaux sites du parcours, avec ses terrasses suspendues au-dessus de l’Urubamba et de la voie ferrée d’Aguas Calientes.

Jour 4 : la porte du Soleil et le Machu Picchu

Le départ se fait avant l’aube pour une courte étape d’environ cinq kilomètres. Après une volée de marches si raides qu’on les surnomme les « marches du singe », on atteint l’Intipunku, la porte du Soleil, d’où l’on découvre le Machu Picchu, souvent émergeant de la brume. Un sentier à flanc de montagne descend ensuite jusqu’au belvédère classique et à l’entrée du site, pour la visite de la citadelle.

Sentier pavé du Chemin de l’Inca dans la forêt de nuages, avec les montagnes du Machu Picchu dans la brume

Existe-t-il des versions plus courtes ou plus longues ?

  • Le Chemin de l’Inca court (deux jours) : le train dépose les randonneurs au kilomètre 104, près des ruines de Chachabamba. Une journée d’une douzaine de kilomètres, avec une montée soutenue, mène à Wiñay Wayna puis à la porte du Soleil. On dort à Aguas Calientes et l’on remonte visiter le site le lendemain matin, avec éventuellement l’ascension du Huayna Picchu. Idéal si l’on manque de temps ou si l’on ne veut pas camper.
  • La version en cinq jours : même parcours, à un rythme plus détendu, avec plus de temps pour les sites et pour la visite du Machu Picchu.

Quand faire le Chemin de l’Inca ?

La saison sèche, de mai à septembre

C’est la période la plus prisée : le risque de pluie est faible et les journées agréables, même si les nuits sont froides en altitude. Le sentier est alors complet, et il faut réserver plusieurs mois à l’avance pour obtenir un permis. On partage aussi le chemin avec de nombreux randonneurs, ce qui oblige à doubler ou à se laisser doubler.

La saison des pluies, de novembre à avril

La pluie est fréquente et le sentier glissant, mais les randonneurs sont moins nombreux, les permis plus faciles à obtenir et les paysages d’un vert intense. Le Chemin de l’Inca est entièrement fermé en février pour entretien. Avril et octobre offrent de bons compromis. Pour plus de détails, voir la meilleure période pour visiter le Machu Picchu.

Comment préparer le Chemin de l’Inca ?

Un opérateur agréé et un guide sont obligatoires

Il est interdit de parcourir le Chemin de l’Inca seul. Seuls des opérateurs agréés peuvent organiser le trek ; ils obtiennent les permis nominatifs (le nombre de personnes autorisées chaque jour sur le sentier, porteurs et guides compris, est limité), fournissent le guide, les porteurs, le cuisinier et le matériel de camp. Les permis étant liés au passeport, vérifiez soigneusement vos informations lors de la réservation. Partir en petit groupe ou en privé permet de marcher à son rythme.

Voyager léger

Les porteurs transportent les tentes, la cuisine et, généralement, un sac de couchage et quelques effets personnels dans une limite de poids. Vous ne portez qu’un sac de journée : vêtements de pluie et couches chaudes, crème solaire, eau, en-cas, appareil photo, médicaments. Les gros bagages ne sont pas admis sur le sentier : ils restent à votre hôtel de Cusco ou de la Vallée sacrée, et l’opérateur peut organiser leur transfert.

Équipement et santé

  • Des chaussures de randonnée déjà rodées : n’achetez pas des chaussures neuves juste avant le départ.
  • Des vêtements en couches : il peut faire chaud et humide dans la forêt de nuages, et froid au col ou la nuit.
  • Une protection solaire sérieuse : en altitude, le rayonnement est intense.
  • Des bâtons de marche : facultatifs, mais précieux dans les longues descentes en escalier.
  • L’acclimatation : passez au moins deux ou trois jours à Cusco ou dans la Vallée sacrée avant le départ. Interrogez votre médecin avant le voyage sur la prévention du mal aigu des montagnes.

Le trek est exigeant, surtout le deuxième jour, mais il n’est pas réservé aux athlètes : une bonne condition physique et un entraînement à la marche en dénivelé suffisent.

Quelles alternatives au Chemin de l’Inca ?

Si les permis sont épuisés ou si vous préférez des sentiers moins fréquentés, plusieurs treks mènent aussi vers le Machu Picchu ou dans ses environs :

  • Le trek du Salkantay : de durée comparable, il passe au pied du Salkantay, l’un des plus hauts sommets de la région, et rejoint Aguas Calientes ; certaines formules proposent des nuits en refuges de montagne confortables plutôt qu’en tente.
  • Le trek de Lares : plus culturel, à travers des villages de bergers et de tisserands. Voir notre comparatif trek de Lares ou Chemin de l’Inca.
  • Le trek de Choquequirao : exigeant et peu fréquenté, vers une cité inca isolée. Voir notre article sur le trek de Choquequirao.
  • La montagne aux sept couleurs (Vinicunca) : une randonnée d’une journée depuis Cusco, à plus de 5 000 mètres.

Retrouvez toutes les options dans nos guides des meilleurs treks vers le Machu Picchu et des meilleurs treks du Pérou.

Quels autres grands treks faire en Amérique du Sud ?

Après le Chemin de l’Inca, d’autres randonnées mythiques attendent les marcheurs sur le continent :

  • Le W de Torres del Paine, en Patagonie chilienne, qui longe les célèbres tours de granit, les lacs et les glaciers du parc. L’été austral, de décembre à mars, offre de très longues journées. Voir notre article sur le W trek de Torres del Paine.
  • Les randonnées autour d’El Calafate et d’El Chaltén, en Patagonie argentine, vers le glacier Perito Moreno ou le pied du Fitz Roy. Voir notre guide d’El Calafate.
  • La Ciudad Perdida, en Colombie : plusieurs jours de marche dans la jungle de la Sierra Nevada de Santa Marta pour atteindre une cité précolombienne bien plus ancienne que le Machu Picchu. Voir notre guide de Santa Marta.