La Guyane est un territoire français d’outre-mer situé sur la côte nord-est de l’Amérique du Sud, entre le Suriname et le Brésil. Pour un voyageur français, c’est la porte d’entrée la plus simple vers l’Amazonie : on y parle français, on paie en euros et on n’a pas besoin de passeport. Comptez dix jours à deux semaines pour associer le littoral (Cayenne, Kourou, îles du Salut, Saint-Laurent-du-Maroni) et au moins un séjour en forêt ou sur un fleuve. La saison sèche, d’août à novembre, est la plus agréable.
Guyane, Guyana, Guyanes : ne pas confondre
Le nom prête souvent à confusion. La Guyane française (ou simplement « la Guyane ») est une collectivité territoriale française, et donc une région de l’Union européenne. Le Guyana, plus à l’ouest, est un pays indépendant anglophone, ancienne colonie britannique, dont la capitale est Georgetown. Entre les deux se trouve le Suriname, ancienne colonie néerlandaise. On parle parfois « des Guyanes » pour désigner l’ensemble de cette région du plateau des Guyanes.
L’essentiel de la Guyane
| Chef-lieu | Cayenne |
|---|---|
| Statut | Collectivité territoriale française d’outre-mer, région ultrapériphérique de l’Union européenne |
| Langues | Français ; créole guyanais très répandu, ainsi que des langues amérindiennes, bushinengué (marronnes), le portugais, le hmong… |
| Monnaie | Euro |
| Décalage horaire | 4 heures de moins qu’à Paris en hiver, 5 heures en été |
| Vol depuis Paris | Vols directs vers Cayenne |
| Formalités | Pour les Français : carte d’identité ou passeport en cours de validité, pas de visa. Des contrôles d’identité existent sur certaines routes |
| Santé | La vaccination contre la fièvre jaune est exigée pour entrer en Guyane. Le paludisme est présent dans certaines zones de l’intérieur et le long des fleuves. Consultez un centre de vaccinations internationales et la fiche de France Diplomatie pour les pays voisins |
| Électricité | 230 V, prises françaises |
Pourquoi partir en Guyane ?
Plus de 90 % du territoire est couvert par la forêt amazonienne, l’une des mieux préservées du continent. Une grande partie du sud est protégée par le Parc amazonien de Guyane, le plus vaste parc national français. On y vient pour la faune (singes, caïmans, tortues marines, oiseaux par centaines d’espèces), les fleuves que l’on remonte en pirogue, mais aussi pour une histoire singulière : celle du bagne, puis celle de la conquête spatiale avec le Centre spatial guyanais de Kourou.
La Guyane est aussi une société très diverse, où se côtoient Créoles, Amérindiens, Bushinengués (descendants d’esclaves marrons), Hmong, Brésiliens, Surinamais, Haïtiens et métropolitains. La destination est plutôt chère, avec un coût de la vie supérieur à celui de la métropole pour de nombreux produits.
Les régions et sites incontournables
Cayenne et l’île de Cayenne
Le chef-lieu se visite en une journée : la place des Palmistes, le marché, les maisons créoles du centre et le fort Cépérou, qui offre une vue sur la ville et l’estuaire. Les communes voisines de Rémire-Montjoly offrent des plages et des sentiers en forêt littorale. Cayenne est le point de départ naturel du voyage, avec l’aéroport et l’essentiel des loueurs de voitures.
Kourou et les îles du Salut
Kourou est la ville du Centre spatial guyanais, d’où décollent les lanceurs européens. Le site se visite (sur réservation) et l’on peut, selon le calendrier, assister à un lancement depuis des points d’observation ouverts au public. Au large, les îles du Salut (île Royale, île Saint-Joseph et île du Diable) abritent les vestiges du bagne. Aujourd’hui couvertes de cocotiers et peuplées de singes et d’agoutis, elles se rejoignent en bateau depuis Kourou pour la journée ou pour une nuit.
Saint-Laurent-du-Maroni et le fleuve Maroni
À l’ouest, Saint-Laurent-du-Maroni est la ville du « camp de la Transportation », par lequel passaient tous les bagnards à leur arrivée. Sa visite guidée est l’une des plus marquantes de Guyane. La ville borde le Maroni, frontière avec le Suriname : en remontant le fleuve en pirogue, on découvre des villages bushinengués et amérindiens. En face, Albina, au Suriname, n’est qu’à une courte traversée.
Awala-Yalimapo et les tortues marines
À l’embouchure du Maroni, les plages d’Awala-Yalimapo sont l’un des grands sites de ponte des tortues marines, en particulier de la tortue luth. L’observation se fait la nuit, en respectant strictement les consignes (pas de lumière blanche, distance, silence). La saison de ponte se concentre approximativement entre le printemps et l’été ; renseignez-vous sur place.
Le marais de Kaw et l’est guyanais
À l’est de Cayenne, la réserve naturelle des marais de Kaw est une vaste zone humide, que l’on explore en pirogue, de préférence à la tombée de la nuit pour repérer les caïmans noirs. On y dort parfois sur des carbets flottants. Sur la route, le village de Cacao, fondé par des réfugiés hmong venus du Laos, est connu pour son marché dominical.
L’intérieur : fleuves, carbets et forêt profonde
L’intérieur de la Guyane n’a presque pas de routes. On y accède en pirogue (sur l’Approuague, l’Oyapock, la Mana ou le Maroni) ou en petit avion, par exemple vers Saül, au cœur du Parc amazonien. Les séjours se passent en carbet (abri traditionnel en bois ouvert, où l’on dort en hamac) avec un guide. C’est l’expérience amazonienne la plus forte du voyage.
Quand partir en Guyane ?
Le climat est équatorial, chaud et humide toute l’année. La saison sèche, d’août à novembre, est la plus favorable pour les excursions sur les fleuves et en forêt. Une courte accalmie, le « petit été de mars », interrompt souvent la saison des pluies, qui s’étend globalement de décembre à juillet avec un pic en mai-juin. Le carnaval, de l’Épiphanie au mercredi des Cendres, est l’un des plus longs du monde et un temps fort de la vie guyanaise.
Combien de jours prévoir ?
| Durée | Itinéraire possible |
|---|---|
| 7 jours | Cayenne, Kourou et les îles du Salut, le marais de Kaw et Cacao |
| 10 à 14 jours | L’itinéraire précédent, plus Saint-Laurent-du-Maroni, Awala-Yalimapo et deux ou trois jours en carbet sur un fleuve |
| 3 semaines | La Guyane complète, avec un séjour dans l’intérieur (Saül ou haut Maroni), éventuellement prolongée au Suriname voisin |
Comment se déplacer en Guyane ?
Une route littorale relie Saint-Laurent-du-Maroni à Cayenne, puis Cayenne à Saint-Georges-de-l’Oyapock, à la frontière brésilienne. La voiture de location est le moyen le plus pratique, les transports en commun étant limités. Pour l’intérieur, il faut passer par des prestataires locaux (piroguiers, guides, gérants de carbets) ou prendre un petit avion. Vers le Brésil, un pont franchit l’Oyapock ; vers le Suriname, on traverse le Maroni en bac ou en pirogue.
Que faire en Guyane ?
- Visiter le bagne des îles du Salut et le camp de la Transportation à Saint-Laurent-du-Maroni.
- Découvrir le Centre spatial guyanais et, avec un peu de chance, assister à un lancement.
- Dormir en hamac dans un carbet au bord d’un fleuve.
- Explorer le marais de Kaw en pirogue à la recherche des caïmans.
- Observer la ponte des tortues luths à Awala-Yalimapo.
- Goûter la cuisine créole guyanaise, dont le bouillon d’awara, plat traditionnel de Pâques.
Préparer son voyage
Réservez tôt les vols et les voitures pendant les vacances scolaires et le carnaval. Prévoyez des vêtements légers à manches longues, un bon répulsif et une moustiquaire si vous dormez en forêt. Certaines zones de l’intérieur font l’objet de restrictions (orpaillage illégal, accès réglementé à certaines communes du sud) : renseignez-vous auprès des offices de tourisme et des prestataires avant de partir. Si vous prolongez vers le Suriname ou le Brésil, consultez les fiches pays de France Diplomatie.
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