La Vallée sacrée des Incas, traversée par le río Urubamba entre Cusco et le Machu Picchu, mérite au moins deux jours. On y visite la forteresse et le village inca d’Ollantaytambo, les ruines et le marché de Pisac, les terrasses circulaires de Moray, les salines de Maras et le village de Chinchero. Plus basse que Cusco (entre 2 800 et 3 000 mètres environ dans le fond de la vallée), elle est aussi idéale pour s’acclimater à l’altitude avant de rejoindre la ville ou le Machu Picchu.
Pour les Incas, cette vallée fertile, au climat plus doux que celui des hauts plateaux, était une terre agricole précieuse, en grande partie réservée à l’empereur et à la noblesse. Elle conserve aujourd’hui un paysage spectaculaire de montagnes, de terrasses cultivées et de villages où les traditions andines restent vivantes. Pour l’organisation pratique (hébergement, accès), voir aussi notre guide de voyage dans la Vallée sacrée.
Que voir à Ollantaytambo ?
À l’extrémité ouest de la vallée, Ollantaytambo est, après le Machu Picchu, le site le plus visité de la région. Le village a conservé son plan inca en damier et ses ruelles pavées bordées de canaux ; c’est l’un des rares villages incas habités sans interruption depuis l’époque de l’empire. Les paysans cultivent toujours les terrasses anciennes. C’est aussi la principale gare de départ des trains pour le Machu Picchu.
Le village est dominé par un vaste ensemble cérémoniel et défensif, attribué à l’empereur Pachacutec. Après la conquête, Manco Inca s’y retrancha et y repoussa une attaque espagnole, l’une des rares victoires de la résistance inca, avant de se retirer à Vilcabamba. Une montée raide le long des terrasses mène au sommet, où subsistent les blocs monumentaux du temple du Soleil, dont un mur de six monolithes polis. Du haut, on aperçoit en face, sur la colline de Pinkuylluna, d’anciens entrepôts incas, accessibles par un sentier qui offre l’une des plus belles vues sur le site et le village. En redescendant, observez les canaux et fontaines qui irriguent encore les terrasses.
Si vous êtes encore en cours d’acclimatation, montez lentement, et méfiez-vous de la circulation dans les rues étroites du village.
Que voir à Pisac ?
À l’entrée est de la vallée, Pisac est connue pour deux raisons. Sur la montagne qui domine la ville s’étend l’un des plus beaux sites incas de la région : des terrasses agricoles en arc de cercle, des sentiers à flanc de falaise, des tunnels, une nécropole creusée dans la roche et un secteur cérémoniel avec un temple du Soleil et une pierre Intihuatana. La vue sur la vallée de l’Urubamba est superbe. En contrebas, le marché de Pisac, qui se tient tous les jours mais s’anime surtout le dimanche, ainsi que le mardi et le jeudi, attire paysans des environs et voyageurs : artisanat, textiles, céramiques, fruits et légumes.

Que sont les terrasses de Moray ?
Près du village de Maras, sur le plateau qui domine la vallée, Moray est l’un des sites les plus singuliers du Pérou : plusieurs dépressions naturelles aménagées en terrasses concentriques, comme de gigantesques amphithéâtres. Entre le fond et le haut des cercles, la température varie de plusieurs degrés, créant une série de microclimats. Les chercheurs pensent que les Incas s’en servaient pour expérimenter et acclimater des cultures provenant d’autres altitudes ; d’autres y voient une pépinière ou un lieu cérémoniel. Moray illustre en tout cas la maîtrise de l’agriculture, qui était au cœur de la puissance inca.
Le cercle principal a été restauré. Pour limiter l’érosion, il n’est plus permis de descendre dans les terrasses : des sentiers balisés permettent d’en faire le tour par le haut.

Comment visiter les salines de Maras ?
À flanc de montagne, au-dessus du río Urubamba, les salines de Maras forment un étonnant patchwork de plusieurs milliers de petits bassins blancs et ocre. Exploitées depuis l’époque pré-inca, elles sont alimentées par une source d’eau très salée dont le ruisseau est réparti entre les bassins. Le soleil évapore l’eau en quelques jours, puis les familles de la communauté, propriétaires de leurs bassins, récoltent le sel, avant de remplir à nouveau les bassins. La récolte a lieu pendant la saison sèche et apporte un complément de revenu aux paysans.
Un droit d’entrée, distinct du boleto turístico, est perçu par la communauté. Un sentier longe les bassins, et des stands vendent les différents sels de Maras, un souvenir facile à rapporter. La route d’accès est étroite et vertigineuse : faites appel à un chauffeur expérimenté. On peut aussi rejoindre les salines à pied depuis Moray ou descendre ensuite à pied vers la vallée.

Pourquoi s’arrêter à Chinchero ?
À une trentaine de kilomètres de Cusco, sur le haut plateau, Chinchero est un village andin de maisons en adobe, avec une église coloniale bâtie sur des fondations incas et de belles terrasses. Par temps clair, la vue porte jusqu’aux sommets enneigés de la cordillère, dont le Salkantay. Selon la tradition inca, ce serait le lieu de naissance de l’arc-en-ciel. Chinchero est surtout réputé pour ses tisserandes, qui perpétuent les techniques traditionnelles de filage et de teinture naturelle de la laine, et pour son marché du dimanche, plus local que celui de Pisac.
Que faire d’autre dans la Vallée sacrée ?
- La randonnée : la région est un formidable terrain de trek, souvent bien moins fréquenté que le Chemin de l’Inca. Le trek du Salkantay est l’alternative la plus populaire pour rejoindre le Machu Picchu ; ceux de Lares, de Choquequirao, de Vilcabamba ou de l’Ausangate n’y mènent pas forcément mais offrent de superbes paysages. Voir nos treks autour de Cusco et notre comparatif trek de Lares ou Chemin de l’Inca.
- Le VTT : des circuits descendent du plateau de Chinchero, autour de la lagune de Huaypo, jusqu’à Maras et Moray, à travers des villages paisibles. L’effort est réel en altitude dans les montées.
- Le rafting sur le río Urubamba, l’escalade et la tyrolienne, proposés par des prestataires de la vallée.
Quand visiter la Vallée sacrée ?
La saison sèche, de mai à septembre, offre un ciel souvent dégagé et convient le mieux au trek ; les nuits sont alors froides, surtout en hauteur. La saison des pluies commence en novembre, culmine de décembre à mars et s’achève en avril. Avril, mai et octobre sont plus calmes, avec une météo un peu plus changeante. Voir notre guide de la meilleure période pour visiter le Pérou.
Comment organiser sa visite ?
Faut-il loger à Cusco ou dans la vallée ?
La plupart des sites sont à une ou deux heures de route de Cusco et peuvent se visiter à la journée. Mais loger quelques nuits dans la vallée, à Urubamba, Ollantaytambo ou Pisac, fait gagner du temps de trajet, permet de dormir plus bas et facilite l’accès au train du Machu Picchu. Des bus et minibus partagés relient fréquemment Cusco à Pisac, Urubamba et Ollantaytambo.
Une excursion d’une journée depuis Cusco
Si vous êtes pressé, une journée permet un aperçu : marché ou ruines de Pisac le matin, déjeuner à Urubamba, visite d’Ollantaytambo l’après-midi, et retour par Chinchero. Une autre journée peut être consacrée à Chinchero, Moray et Maras.
Le billet touristique et les conseils pratiques
- Le boleto turístico : ce billet combiné donne accès à de nombreux sites de Cusco et de la vallée, dont Pisac, Ollantaytambo, Chinchero et Moray. Une version partielle limitée aux sites de la vallée existe aussi. Les salines de Maras sont payantes à part.
- Prévoyez de l’argent liquide en soles pour les marchés et les petits achats.
- Attention aux pickpockets sur les marchés et dans les lieux très fréquentés.
- Acclimatez-vous : comptez au moins deux jours avant tout effort important, surtout si vous partez en trek.
- Emportez des vêtements chauds : les écarts de température entre le jour et la nuit sont importants.
Pour la suite du voyage, consultez notre guide du Machu Picchu, notre article sur comment aller de Lima au Machu Picchu, les sites à voir à Cusco et notre guide de voyage au Pérou.
