Saviez-vous que l’Antarctique est techniquement un désert ? Ce n’est pas seulement le continent le plus froid, le plus sec (en humidité et en précipitations) et le plus venteux : c’est aussi le plus grand désert du monde.
Qu’est-ce que la cascade de Sang ?
Les déserts évoquent des endroits éloignés et arides, et l’on n’attend certainement pas de chutes d’eau dans un désert gelé. Pourtant, l’Antarctique abrite l’une des chutes d’eau les plus surprenantes du monde : la cascade de Sang (Blood Falls).

Elle se trouve au bout du glacier Taylor, au bord du lac Bonney, dans les vallées sèches de McMurdo, du côté de la mer de Ross. Une profonde fissure dans la glace laisse s’écouler une eau rouge pendant une partie de l’année, comme le sang d’une blessure. Cette couleur est le résultat d’un peu d’alchimie : cette eau extrêmement salée, environ trois fois plus salée que l’eau de mer, est restée scellée sous la glace pendant des millions d’années ; sa forte teneur en fer, coupée de l’oxygène, s’oxyde instantanément au contact de l’air, c’est-à-dire qu’elle rouille. Cette eau rouillée coule en un filet rouge sang.
Peut-on voir la cascade de Sang lors d’une croisière ?
Non, pas lors d’une croisière classique. La cascade de Sang se trouve dans une zone de recherche scientifique très reculée, sur le versant de la mer de Ross, de l’autre côté du continent par rapport à la péninsule Antarctique que visitent les navires partant d’Ushuaia ou de Punta Arenas. Elle n’est pas incluse dans les itinéraires touristiques habituels : on la connaît surtout par les images des scientifiques. Il en va de même des cabanes historiques de l’explorateur Shackleton situées sur l’île de Ross, elles aussi du côté de la mer de Ross, et hors de portée des croisières depuis l’Amérique du Sud. Les expéditions vers la mer de Ross partent d’autres ports, souvent en Nouvelle-Zélande, et relèvent d’une logistique tout à fait différente.
Comment se rendre en Antarctique depuis l’Amérique du Sud ?
Une myriade de sites naturels, d’icebergs, de faune sauvage et de paysages attendent le voyageur. Le septième continent figure de plus en plus sur la liste des destinations à ne pas manquer. Voici comment s’y rendre.
L’Amérique du Sud, et plus précisément le Chili et l’Argentine, est la principale porte d’entrée de l’Antarctique. Les navires de croisière et les pistes d’atterrissage desservant la péninsule Antarctique partent des villes les plus méridionales : Ushuaia, en Argentine, ou Punta Arenas, au Chili. Quelques expéditions partent de Nouvelle-Zélande ou d’Australie, mais le Chili et l’Argentine restent la plaque tournante des voyages polaires.

En croisière, ou par avion puis bateau
La principale façon de se rendre en Antarctique est d’embarquer sur un navire, et c’est certainement la meilleure manière de s’imprégner de cette région. Il faut savoir qu’au large de la pointe sud de l’Amérique du Sud se trouvent le cap Horn et le passage de Drake, parmi les mers les plus difficiles du monde, avec une houle soutenue et des tempêtes. En moyenne, il faut compter un à deux jours de navigation avant d’atteindre l’Antarctique, avec un roulis intense. Le temps est très imprévisible et peut changer plusieurs fois en moins d’une heure ; avec un peu de chance, on connaît le « lac de Drake », quand l’eau devient soudain plate.
Pour ceux qui craignent le mal de mer ou qui manquent de temps, il est possible de rejoindre son navire par avion, ou de faire la même chose au retour, ce qui évite le passage de Drake. Cela peut faire gagner jusqu’à quatre jours de voyage en mer. Pour certains, c’est une évidence ; d’autres estiment que la mer agitée fait partie de l’expérience. Les formules « avion et croisière » partent de Punta Arenas, et d’autres combinent l’Antarctique avec les îles Malouines et la Géorgie du Sud.
Par les îles Malouines et la Géorgie du Sud
Une autre option, peut-être la croisière la plus complète, est de rejoindre ou de terminer sa croisière aux îles Malouines (Falkland), après un court vol depuis Punta Arenas. Plusieurs voyages antarctiques partent de là ; ils sont les plus longs, avec souvent 15 à 20 jours ou plus. L’intérêt est de visiter la Géorgie du Sud en plus des Malouines, deux îles liées à l’histoire de l’exploration de l’Antarctique. La Géorgie du Sud est célèbre pour être l’endroit où Shackleton, après avoir traversé l’océan dans un canot ouvert, a franchi les montagnes de l’île pour atteindre une station baleinière et organiser le sauvetage de ses compagnons restés en arrière.
Que faire en Antarctique ?
Les activités dépendent du bateau et de la formule : escalade sur glace, photographie, peinture, trekking (par exemple sur les traces de Shackleton en Géorgie du Sud), programmes de bien-être, plongée sous-marine, bivouac sur la glace (il n’y a pas d’ours polaires en Antarctique) et kayak de mer près d’énormes colonies de manchots. Les bateaux organisent plusieurs débarquements par jour ; le reste du temps se passe souvent à se reposer, à assister à des conférences sur la faune, la photographie ou l’histoire, ou à profiter des espaces communs du navire.
Pour préparer le voyage, consultez le guide de l’Antarctique et le guide d’Ushuaia, ainsi que les conseils de France Diplomatie.
