Le Huayna Picchu n’est peut-être pas un nom familier, mais on connaît sa silhouette : c’est la montagne escarpée qui orne l’arrière-plan de presque toutes les photos du Machu Picchu. Sur l’image emblématique de la célèbre citadelle inca du Pérou, les ruines occupent le premier plan et une montagne abrupte se dresse juste derrière elles : c’est le Huayna Picchu. Beaucoup de visiteurs sont intimidés par sa vue, ou ignorent simplement qu’on peut l’escalader. On le peut pourtant, et l’ascension vaut la peine si l’on a un peu d’endurance, même pour ceux qui n’aiment pas les hauteurs : la montée est une course enivrante.

Comment organiser l’ascension du Huayna Picchu ?
Un billet d’entrée spécifique est nécessaire pour monter sur la montagne, et il doit être obtenu au préalable. Il est lié à un créneau horaire d’ascension qu’il faut respecter. Les conditions de billetterie évoluent : vérifiez-les sur les sites officiels avant de partir et réservez bien à l’avance.
La façon la plus simple d’organiser l’ascension est de se faire accompagner par un guide. C’est un conseil courant dans les articles de voyage, mais il se justifie ici : le Huayna Picchu est raide, et savoir que quelqu’un connaît le chemin rassure. Le billet s’accompagne de formalités, et un guide peut tout arranger. Il reste alors à être dans la bonne condition physique pour effectuer l’ascension.
Il faut se présenter à la porte du sentier à l’heure prévue, avec des papiers en règle. Les gardes (rangers) vérifient les billets et les passeports, et ne laissent pas passer les voyageurs qui arrivent à un autre moment ou sans leurs papiers : les règles d’accès à cette montagne sacrée sont appliquées strictement. En revanche, si l’on respecte les règles, qu’on se présente à l’heure et qu’on grimpe de façon ordonnée, tout se passe bien.
Côté préparation, mieux vaut s’entraîner à monter beaucoup de marches avant le voyage, car les escaliers raides et anciens de la montagne demandent beaucoup d’efforts. L’effort est largement récompensé.

Comment se déroule la montée ?
Une fois la porte franchie, le sentier est relativement plat sur la première partie, jusqu’à un carrefour où l’on choisit entre la version courte et la version longue de la randonnée. La version longue contourne la montagne et mène au Temple de la Lune, de l’autre côté. Elle ajoute au moins une heure et demie, mais permet de voir un temple taillé dans la roche, autre exemple étonnant de l’ingéniosité des Incas. Ce parcours est aussi beaucoup moins fréquenté que le sentier principal : ceux qui veulent voir ce que la plupart des visiteurs du Pérou manquent doivent prendre le temps de le faire.
Sur le sentier principal, les marches sont extrêmement raides et anciennes, il faut donc y aller doucement et rester attentif pendant la montée. Le passage est étroit, sans place pour deux personnes de front : quand des gens redescendent, on se range un peu sur le côté pour les laisser passer. Il en va de même pour ceux qui arrivent par l’arrière et avancent plus vite : on se pousse sur le côté, ou l’on garde simplement son rythme régulier et on les laisse ralentir derrière soi.

L’ascension est exigeante physiquement, mais pas impossible, et il n’est pas nécessaire d’être en forme de marathonien. Il suffit de s’assurer de son équilibre, de ne pas se précipiter et d’avancer étape par étape. Il ne faut pas hésiter à utiliser ses mains pour se hisser, ni se sentir obligé d’accélérer parce qu’un randonneur pressé suit de près : il sera patient ou vous dépassera quand le sentier s’élargit.
Que voit-on depuis le sommet ?
Au bout d’une heure environ, selon le rythme de l’ascension, on atteint les terrasses construites au sommet de la montagne. Les marches les plus raides de toute la montée se trouvent au pied de ces terrasses, et rien ne vient aider l’équilibre : ni balustrade, ni paroi. Avec un peu de patience et d’équilibre, on y arrive et l’on atteint les terrasses, qui servaient de parcelles agricoles aux Incas il y a plus de cinq siècles. Imaginez un agriculteur gravissant chaque jour toute la montagne pour se rendre à son champ : le dévouement des Incas était incroyable.

Une fois au sommet des terrasses, au point le plus haut de la montagne, on profite de certaines des meilleures vues sur le Machu Picchu. Cette perspective est presque absente des photos et des articles : la plupart des visiteurs ne voient le site que depuis le sud, depuis la Porte du Soleil, depuis la corniche de la Maison du Gardien jusqu’au Rocher Funéraire, ou depuis le sommet du mont Machu Picchu, avec le Huayna Picchu en arrière-plan. La vue vers le nord offre une toute nouvelle perspective : elle permet d’apprécier la structure en terrasses en cascade des ruines, ainsi que l’immensité de la citadelle.
Avec un peu de chance, on dispose d’une minute ou deux pour escalader les rochers massifs du sommet et regarder depuis le point le plus élevé. Les vues sur le Machu Picchu y sont superbes, comme celles des montagnes environnantes couvertes de nuages. C’est aussi un bon endroit pour une photo en perspective : allongé sur le dos sur le rocher, sous un certain angle, on n’a plus que le Machu Picchu et les nuages pour décor, et l’on peut même donner l’impression d’être au bord d’un précipice, alors que le sommet se trouve en réalité juste en dessous, avec plusieurs terrasses.

Comment se passe la descente ?
Après un moment sur les rochers, les gardes invitent à poursuivre. On commence par descendre en passant par une grotte étroite où il faut s’accroupir et se glisser entre les pierres massives. On suit ensuite une descente le long du côté gauche des terrasses, sans doute la partie la plus délicate de tout le parcours : les marches sont extrêmement étroites et il n’y a aucun appui pour les mains. Il faut y aller doucement. On rejoint bientôt le carrefour où certains montent pendant que d’autres redescendent.
Le retour se fait par le chemin de la montée. Il est souvent plus difficile de descendre une montagne que de la gravir : on est plus fatigué qu’au début, et même si la descente fatigue moins, elle demande plus d’équilibre et de patience, car il est plus facile de perdre pied. L’avantage est que l’on est plus conscient de la vue, puisqu’on s’éloigne de la montagne au lieu d’aller vers elle. C’est l’occasion de prendre les photos manquées à la montée. Là encore, mieux vaut prendre son temps : ce n’est pas un concours de vitesse. Si quelqu’un colle ses talons, on le laisse passer et on garde un rythme régulier. Il y a fort à parier que l’on ne reviendra pas de sitôt sur cette montagne : autant profiter de la descente et de la vue.

Faut-il escalader le Huayna Picchu ?
L’ascension du Huayna Picchu ajoute un peu d’aventure à l’expérience déjà spectaculaire de la visite du Machu Picchu. Elle demande du temps et beaucoup d’efforts physiques, mais elle en vaut la peine, non seulement pour les belles vues d’en haut, mais aussi pour la satisfaction de l’exploit. Pour ceux que le défi ne rebute pas, c’est une expérience à ne pas manquer.
Pour préparer la visite, consultez la page du Machu Picchu, la meilleure période pour visiter le Machu Picchu, le guide de Cusco, base habituelle des visiteurs, et le guide de voyage du Pérou.
