Voyage aux chutes d'Iguazú en Argentine

Les chutes d’Iguazú dans la forêt subtropicale, à la frontière de l’Argentine et du Brésil

Les chutes d’Iguazú (Iguaçu en portugais) forment l’un des plus grands ensembles de cascades au monde : environ 275 chutes réparties sur près de 2,7 kilomètres, sur le fleuve Iguazú, à la frontière entre l’Argentine et le Brésil. Comptez au moins deux jours sur place : une journée complète côté argentin, où se trouve la majorité des chutes et où l’on marche au plus près de l’eau, et une demi-journée à une journée côté brésilien, qui offre la meilleure vue d’ensemble. Le site se visite toute l’année ; le spectacle change surtout avec le débit du fleuve.

Que sont les chutes d’Iguazú ?

Le fleuve Iguazú, affluent du Paraná, se jette ici d’un plateau basaltique en une succession de chutes séparées par des îlots boisés. Leur nombre varie selon le niveau de l’eau, de quelque 150 en période sèche à près de 300 lors des hautes eaux. Le front des chutes est bien plus large que celui des chutes du Niagara, et l’anecdote veut qu’Eleanor Roosevelt, en les découvrant, se soit exclamée « Pauvre Niagara ! ».

Les chutes sont partagées entre deux parcs nationaux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : le parc national Iguazú en Argentine et le parc national d’Iguaçu au Brésil. Ils protègent l’un des derniers grands lambeaux de forêt atlantique intérieure, une forêt subtropicale très riche où vivent coatis, singes capucins et hurleurs, toucans et des centaines d’espèces d’oiseaux ; tapirs, ocelots et jaguars y sont présents mais très discrets. Le Paraguay est tout proche — la « triple frontière » se situe au confluent de l’Iguazú et du Paraná —, mais les chutes elles-mêmes ne concernent que l’Argentine et le Brésil.

Le premier Européen à les décrire est le conquistador espagnol Álvar Núñez Cabeza de Vaca, en 1541. Pour les Guaranis, elles sont nées de la colère d’un dieu-serpent, M’boi, qui aurait fendu le lit du fleuve pour empêcher la fuite en pirogue de la belle Naipí et de son amant Tarobá.

La gorge du Diable vue depuis la passerelle argentine, avec un arc-en-ciel dans les embruns

Que voir côté argentin ?

Environ les trois quarts des chutes se trouvent en Argentine. C’est le côté où l’on passe le plus de temps, à pied sur des passerelles qui frôlent l’eau. Un petit train écologique relie l’entrée du parc aux différents départs de sentiers.

  • La Garganta del Diablo (gorge du Diable) : le clou de la visite. Une longue passerelle traverse les bras du fleuve jusqu’au bord de cette gorge en fer à cheval où se rejoignent plus d’une dizaine de chutes, hautes d’environ 80 mètres. Le nuage d’embruns qui s’en élève est permanent. Prenez l’un des premiers trains du matin pour éviter la foule.
  • Le circuit supérieur : une série de passerelles au-dessus de la rivière, qui mène au sommet de plusieurs chutes et offre de belles perspectives sur l’ensemble du site.
  • Le circuit inférieur : souvent moins fréquenté, il descend vers la base des chutes et multiplie les points de vue et les occasions de photos ; c’est de ce côté que partent les excursions en bateau.

Le long des passerelles, on remarque parfois les restes d’anciens ponts emportés par les crues. En 2014, une crue exceptionnelle a ainsi endommagé une partie des installations : un rappel de la puissance du fleuve, et la raison pour laquelle certains sentiers peuvent être fermés temporairement.

Que voir côté brésilien ?

Le Brésil ne possède qu’une petite partie des chutes, mais c’est justement ce recul qui fait son intérêt : depuis la rive brésilienne, on embrasse d’un seul regard le front des chutes argentines. Un sentier unique longe la falaise sur environ un kilomètre et demi jusqu’à une passerelle avancée au pied de la gorge du Diable, d’où l’on ressort trempé par les embruns. Un ascenseur panoramique ramène ensuite au sommet de la falaise. La visite se fait confortablement en une demi-journée.

Côté brésilien, on peut aussi compléter la journée par un parc ornithologique voisin, consacré à la préservation d’oiseaux de la forêt atlantique, ou par un survol des chutes en hélicoptère, au départ de Foz do Iguaçu (ces vols ne sont pas proposés côté argentin).

Chutes d’Iguazú se jetant entre des îlots boisés, la gorge du Diable noyée dans la brume en arrière-plan

Quelles activités autour des chutes ?

  • Les excursions en bateau : des embarcations rapides remontent le fleuve jusqu’au pied des chutes, au point de passer sous les embruns. On en ressort mouillé de la tête aux pieds : prévoyez un sac étanche pour l’appareil photo.
  • Les balades en forêt : plusieurs sentiers et sorties guidées, parfois combinés avec le bateau, permettent de découvrir la forêt subtropicale et sa faune.
  • Le survol en hélicoptère (côté brésilien) : la seule façon de saisir l’ampleur de l’ensemble des chutes d’un coup d’œil.
  • La triple frontière : à Puerto Iguazú, un point de vue domine le confluent des deux fleuves et les rives des trois pays.

Quand partir aux chutes d’Iguazú ?

Le climat est subtropical humide : chaud et moite en été (de décembre à mars), plus doux en hiver austral (de juin à août), avec des pluies réparties sur toute l’année. Il n’y a donc pas de mauvaise saison, mais l’expérience varie :

  • De décembre à mars : chaleur et humidité, orages fréquents et débit souvent élevé, donc des chutes particulièrement impressionnantes. C’est aussi la haute saison des vacances argentines et brésiliennes, surtout en janvier et février : foule sur les passerelles.
  • Avril-mai et septembre-novembre : souvent le meilleur compromis, avec des températures agréables et moins de monde.
  • De juin à août : temps plus frais et agréable pour marcher ; le débit peut être nettement plus faible certaines années, ce qui rend le spectacle moins spectaculaire. Les vacances d’hiver locales (juillet) ramènent du monde.

Le débit dépend des pluies sur l’ensemble du bassin du fleuve et peut varier fortement d’une année à l’autre, quelle que soit la saison. Les week-ends, jours fériés et la Semaine sainte sont toujours plus chargés.

Combien de jours prévoir et où dormir ?

Deux jours constituent le minimum pour voir les deux rives sans courir ; trois jours permettent d’ajouter le bateau, une balade en forêt ou le parc aux oiseaux. Deux villes servent de base :

  • Puerto Iguazú (Argentine) : petite ville tranquille et agréable, proche du parc argentin.
  • Foz do Iguaçu (Brésil) : ville plus grande, avec davantage de choix d’hébergements et de restaurants, dont les traditionnelles churrascarias brésiliennes.

Si vous visitez les deux côtés, le choix de la base est surtout une question de préférence : les deux villes sont proches et reliées par un pont frontalier. Quelques hôtels sont installés dans les parcs eux-mêmes, ce qui permet d’être sur les passerelles avant l’arrivée des groupes.

Comment se rendre aux chutes d’Iguazú ?

Puerto Iguazú et Foz do Iguaçu disposent chacune d’un aéroport desservi par des vols intérieurs, notamment depuis Buenos Aires d’un côté, Rio de Janeiro et São Paulo de l’autre. Les chutes s’intègrent donc facilement à un circuit en Argentine ou au Brésil, ou à un voyage combinant les deux pays. Le trajet en bus longue distance depuis Buenos Aires est possible mais long ; le détail des options figure dans notre article De Buenos Aires aux chutes d’Iguazú : comment voyager.

Visiter les deux rives implique de passer la frontière : munissez-vous de votre passeport et vérifiez les conditions d’entrée des deux pays sur les Conseils aux voyageurs de France Diplomatie avant le départ.

Que combiner avec les chutes d’Iguazú ?

Iguazú se place naturellement entre Buenos Aires et Rio de Janeiro, comme le détaille notre article De Buenos Aires à Rio de Janeiro : les 3 meilleurs itinéraires. Côté argentin, le voyage peut se poursuivre vers le nord-ouest et Salta, ou vers la Patagonie. Pour une vue d’ensemble du pays, consultez notre guide Voyage en Argentine ; pour le Brésil, notre guide Voyage au Brésil.