L’île de Pâques, Rapa Nui pour ses habitants, est un petit triangle volcanique perdu dans le Pacifique Sud, à quelque 3 700 kilomètres des côtes chiliennes : l’une des terres habitées les plus isolées de la planète. Rattachée au Chili mais de culture polynésienne, elle est célèbre pour ses moaï, les statues monumentales sculptées par ses anciens habitants, protégées par le parc national Rapa Nui, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Comptez trois jours pleins pour voir l’essentiel, quatre à cinq pour profiter aussi des plages, de la randonnée et de la vie locale. On s’y rend en avion depuis Santiago.
Quelle est l’histoire de l’île de Pâques ?
Des navigateurs polynésiens, arrivés en pirogue à double coque il y a environ un millénaire (la date fait encore débat entre les chercheurs), ont développé sur l’île une société totalement isolée. Pendant plusieurs siècles, ils ont sculpté dans le tuf volcanique des centaines de moaï, représentations d’ancêtres divinisés censés protéger les clans, puis les ont dressés sur des plateformes cérémonielles, les ahu.
Le navigateur néerlandais Jacob Roggeveen aborde l’île le jour de Pâques 1722, d’où son nom. Les contacts avec l’extérieur ont été dramatiques : au XIXe siècle, des raids esclavagistes ont déporté une grande partie des habitants vers le Pérou, et les épidémies ramenées par les survivants ont presque anéanti la population. Le Chili annexe l’île en 1888. Aujourd’hui, la communauté rapanui joue un rôle croissant dans la gestion de son territoire et de son patrimoine, et sa langue est toujours parlée aux côtés de l’espagnol.
Que voir sur l’île de Pâques ?

- Rano Raraku : la carrière où furent sculptés presque tous les moaï. Des centaines de statues y sont restées, à différents stades d’achèvement, certaines enterrées jusqu’au cou : ces « têtes » de l’île de Pâques cachent en réalité un corps entier sous la terre, comme l’ont révélé les fouilles. C’est le site le plus fascinant de l’île.
- Ahu Tongariki : la plus grande plateforme cérémonielle, avec quinze moaï alignés, restaurée à la fin du XXe siècle. Le lever du soleil derrière les statues est un moment inoubliable.
- Le Rano Kau et le village d’Orongo : un immense cratère occupé par un lac de roseaux, dont le bord tombe à pic sur l’océan. Sur la crête, le village cérémoniel d’Orongo et ses pétroglyphes rappellent le culte de l’homme-oiseau (Tangata manu), qui succéda à l’époque des moaï.
- Anakena : la grande plage de sable blanc bordée de cocotiers, dominée par les moaï de l’ahu Nau Nau, lieu légendaire de l’arrivée du premier roi, Hotu Matu’a.
- Ahu Akivi : sept moaï installés à l’intérieur des terres, qui font exception en regardant vers l’océan, quand la plupart tournent le dos à la mer pour veiller sur les villages.
- Tahai, à Hanga Roa : un ensemble d’ahu dont l’un porte un moaï aux yeux reconstitués, idéal au coucher du soleil.

Que faire d’autre sur l’île ?
Au-delà des sites archéologiques, l’île se prête à la randonnée (ascension du Terevaka, point culminant, d’où l’on voit l’océan à 360°), aux balades à cheval et à vélo, à la plongée et au snorkeling dans des eaux d’une grande clarté, ainsi qu’au surf. Le musée anthropologique de Hanga Roa aide à comprendre la culture rapanui, et les spectacles de danse traditionnelle sont nombreux. En février, le festival Tapati célèbre pendant deux semaines la culture de l’île : compétitions sportives traditionnelles, chants, danses et peintures corporelles.
Combien de jours rester et comment visiter ?
Trois jours pleins permettent de voir les grands sites ; cinq à six jours laissent le temps de profiter de l’atmosphère de l’île, de randonner et de se détendre. La seule ville, Hanga Roa, concentre hébergements, restaurants et loueurs de véhicules. L’accès au parc national est payant et la plupart de ses sites se visitent désormais accompagné d’un guide agréé : renseignez-vous sur les règles en vigueur avant le départ. Ne touchez jamais les moaï et ne montez pas sur les ahu, considérés comme sacrés.
Quand partir sur l’île de Pâques ?
Le climat subtropical est doux toute l’année. L’été austral (de décembre à mars) est la période la plus chaude et la plus fréquentée, notamment pendant le festival Tapati en février. L’hiver (de juin à août) est plus frais, plus venteux et plus pluvieux, mais reste agréable pour visiter les sites. Le printemps, en octobre-novembre, est un bon compromis : voir notre article Le Chili en octobre : le printemps et l’île de Pâques.
Comment se rendre sur l’île de Pâques ?
L’île est desservie par des vols réguliers depuis Santiago du Chili, ainsi que, moins fréquemment, depuis Tahiti. Il est logique de l’intégrer à un voyage au Chili, en prévoyant une nuit à Santiago avant et après. Tous les détails dans notre article Comment se rendre sur l’île de Pâques, et une idée d’itinéraire dans Le Chili en 10 jours.
